août, 2011
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Petit état des lieux du mouvement trans en Afrique

Jusqu’en décembre 2008, il n’existait qu’une seule organisation transgenre (Gender DynamiX) en Afrique orientale et australe. Il y a trois ans, c’est elle qui, en collaboration avec la Commission internationale des droits humains des gays et lesbiennes, a organisé la première grande conférence relative à l’identité de genre sur le continent — conférence à l’occasion de laquelle s’est mis en place un véritable mouvement africain transgenre.

Vers plus de visibilité

Aujourd’hui, les trans sont beaucoup plus visibles en Afrique et des groupes existent dans plusieurs pays comme l’Ouganda (TITs), le Kenya (TEA), la Zambie (Trans Bantu), la Namibie (TAMON) ou le Botswana (Rainbow). Leur mission principale est de lutter pour garantir un meilleur accès aux soins, principalement aux traitements hormono-chirurgicaux qui sont encore trop largement inaccessibles, sous-développés ou trop chers.

Pour Victor Mukasa, militant trans en Ouganda, une petite révolution est en marche:

« Le mouvement transgenre émerge et le discours des trans prend de l’ampleur sur le Continent. Les trans se montrent et commencent à s’organiser. Et désormais, le mouvement transgenre est visible ».

Reste à poursuivre le mouvement de vulgarisation des problématiques transgenres et à peser sur les politiques pour obtenir des réformes et des propositions de services plus adaptés. Cet effort est plus difficile à fournir au niveau de l’Afrique sub-saharienne, car les trans y sont beaucoup moins interconnectés qu’en Afrique du Nord.

Dans l’interview qu’il accorde au site Afrik.com, Victor Mukasa dénonce un manque évident de sensibilisation au sein du monde médical. La plupart des personnes trans en Afrique sont tout simplement considérées comme folles et dérangées, ce qui empêche tout suivi psychologique digne de ce nom. Lui-même a été victime de ce système: avant d’avoir la possibilité d’économiser pour une réduction mammaire, il a tenté à plusieurs reprises de s’auto-mutiler. C’est ce que beaucoup de trans font ou tentent de faire encore aujourd’hui: soit parce qu’ils n’ont tout bonnement pas connaissance des opérations de réassignation, soit parce qu’ils n’ont pas les moyens de les payer.

« Ils se mutilent en coupant leur pénis ou leurs seins. Les conséquences peuvent être graves. On peut se vider de son sang ou, si on survit, les blessures peuvent s’infecter et provoquer d’autres complications. »

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Victor Mukasa sur Afrik.com